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Ouest France : Près de l’ex-Zad, à Vigneux-de-Bretagne, ils refusent la station Total sous leur nez

"A Vigneux-de-Bretagne, en plein bocage, Total veut transférer sa station essence. Les proches riverains n’en veulent pas. Ils préfèrent garder haies, zone humide et la flore et la faune qui vont avec"

Ce n’est pas l’immense plateforme d’un géant du e-commerce. Pas non plus une usine de méthanisation XXL. Juste une station d’essence, comme il en existe tant. Mais elle va avaler goulûment près de six hectares de bocage, dans la campagne de Vigneux-de-Bretagne. Et ça, les proches riverains du projet n’en veulent pas.


Ils manifestaient ce mardi 26 avril, à quelques centaines de mètres de l’emplacement prévu. Le message qui s’inscrit sur les panneaux est clair : « Total, dégage, touche plus à mon bocage » ; « Total, serial killer du climat », etc.


La station est destinée à remplacer celle qui se trouve à une portée de fusil, sur la route de Savenay. Mais plus grande, plus moderne. « Qui dit station dit aussi boutiques, places de parking », ajoute une opposante.


Projet de vingt ans

La future station serait située en retrait de la départementale reliant Vigneux-de-Bretagne à la nationale 165, au lieu-dit la Freuzière. Le chemin est connu des seuls habitants du coin. C’est d’ailleurs en l’empruntant un matin de novembre 2020 que Pascale Tredaniel, qui vit ici « depuis trente ans », a découvert la résurrection de ce projet qu’elle croyait «mort et enterré avec l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes». Sauf que si l’aéroport est bel et bien mort depuis janvier 2018, « ce n’est pas le cas de l’élargissement de la nationale 165 en deux fois trois voies, et pas le cas non plus de la station ».


Depuis, avec le Comité de voisins et l’appui de Notre-Dame-des-Landes Poursuivre ensemble, association qui a succédé à l’Acipa, association citoyenne anti-NDDL), elle et ses amis tapent à toutes les portes, s’invitent aux réunions pour tenter d’arracher des informations. « Un responsable de Total, très gentil, nous a même dit, la main sur le coeur, de ne pas nous inquiéter, que la qualité de vie serait meilleure encore après ce projet qu’avant. » Elle n’en croit, « bien sûr, pas un mot ».


« Circulez, y a rien à voir »

Elle a regardé sur les plans. Les pompes, Pascale et son mari les auront sous le nez. «Pourquoi ils n’essaient pas de moderniser celle qui existe, plutôt que d’en créer une autre, plus grande. »


Elle a du mal aussi à comprendre le choix de l’emplacement. Elle a apporté un plan, qu’elle présente à tous ceux qui veulent des informations. Sur la carte, le long de la quatre voies, c’est un épais chevelu de cours d’eau, paradis de la biodiversité. « Comment c’est possible de faire ça, alors qu’il y a déjà plusieurs stations sur la route, une en sortie de Nantes, une tout près d’ici une autre au Super U », s’étonne un jeune homme habitant le bourg de la commune, habitué à choisir sa station en fonction du prix.


Pascale Tredaniel se souvient d’ailleurs que le premier projet, « envisagé de l’autre côté de la nationale, avait été abandonné, car la zone était humide ». « Et après, on vient nous parler d’écologie et de préserver le Gesvres ! »


Elle tempête aussi contre la loi du silence. Ni l’État, ni Total, ni la mairie de Vigneux-de-Bretagne n’ont été très diserts sur ce dossier. « Personne n’était au courant à Vigneux, et à chaque fois qu’on demande des informations, c’est circulez, y a rien à voir. »


Sollicitée, Gwënola Franco, maire de Vigneux-de-Bretagne, répond par texto qu’elle «n’est pas concernée par le sujet Total, car c’est un projet porté par l’État et pour lequel le permis de construire a été signé par le préfet ».

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